LE MOULIN A FUGUES

L’instrumentation se définit comme la mise en œuvre de différents moyens techniques permettant d’accommoder l’écriture contrapuntique ou harmonique d’un auteur aux possibilités spécifiques de chaque instrument.

 

L’orchestration est l’art d’utiliser au mieux l’union les diverses ressources qui viennent d’être nommées (harmonie, contrepoint et instrumentation), en les appliquant à des ensembles pouvant aller de la musique de chambre (quelques instruments) au grand orchestre symphonique ou philharmonique.

 

Une histoire de "l’écriture" qui se voudrait complète devrait comporter au moins trois parties qui pourraient s’appeler :

  • Histoire du contrepoint
  • Histoire de l’harmonie
  • Histoire de l’instrumentation et de l’orchestration.

Sur chacun de ces points, il existe d'excellents ouvrages, mais on ne les trouve jamais réunis en un seul.

 

L’un des mérites de la CIME, je crois, est d’offrir une mise en perspective complète du cheminement des méthodes de création dans la musique classique européenne. Historiquement, le contrepoint est premier, l’harmonie seconde ; l’instrumentation et l’orchestration sont venues en troisième lieu.

 

Au XIXème siècle, un compositeur russe (Mili Balakirev) a, fort irrévérencieusement, qualifié Jean-Sébastien Bach de "moulin à fugues". Pour être emprunte de la plus grande inconvenance vis-à-vis du Maître des Maîtres, cette plaisanterie n’en a pas moins le mérite de faire ressortir le côté essentiellement contrapuntique, religieux, austère et "savant" du compositeur qui constitue la référence suprême en musique allemande. L’harmonie, plus ouverte et spontanée, liée au "feeling" et à l’intuition de son créateur, semble plutôt être une  invention "latine", disons plutôt franco-italienne...

 

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